Pierre Dospital

Le baryton basque

« David, je t’assure, contre Biarritz, dans notre derby local, il n’y avait jamais de mauvais gestes. Bien sûr, on jouait dur et on ne se faisait pas de cadeaux mais je considère Pascal, Serge et Jean Condom comme des frères. Des frangins peuvent se battre mais sans coups bas. Rien de comparable avec un match contre Béziers où tu pouvais prendre un coup de pied dans la tête à n’importe quel moment. Ce n’est jamais arrivé dans le derby basque. Si jamais quelqu’un était impliqué dans un sale coup, il aurait été banni de la famille. Après le match, nous allions tous faire la fête et chanter ensemble jusqu’au petit matin. Le bus repartait toujours à vide, sans joueurs, il n’y avait plus à bord que le président et un soigneur ! »

J’ai eu du mal à mettre la main sur Pierre sans doute parce qu’il n’accordait que peu de crédit au numéro de téléphone anglais qui s’affichait sur son portable chaque fois que je l’appelais ou que je lui envoyais un message. Je ne lui en voulais pas. Il a passé les années 1980 à tourmenter les Anglais, tordant et torturant ses adversaires en première ligne, alors pourquoi diable un Anglais voudrait-il lui parler et vice versa ?

J’ai demandé à son grand pote et partenaire basque Pascal Ondarts, dont la générosité envers moi, un Anglais anonyme, n’a connu aucune limite, de faciliter les présentations. Cela a marché. Pierre me rappelait mais il s’était absenté pour faire une excursion à bicyclette en Espagne et il ne pouvait pas me recevoir cette fois-là. « Ah ! Bien », je souris, il faudrait donc que je revienne une troisième fois au pays Basque. Je ne doutais ni de ma volonté ni de la logistique, assez rudimentaire au demeurant ; mais aller quérir encore une fois l’approbation de ma patiente épouse était la question qui m’inquiétait… bien qu’à la marge. J’avais confiance en ma force de persuasion pour la convaincre.

J’avais prévu d’aller à la rencontre de Pierre un samedi 9 juin, et je devais prendre le train ou l’avion de Paris vers Biarritz le 8 au soir. C’était avant de recevoir une invitation que je ne pouvais refuser de la part de mon grand ami Bertrand Baret : « David, vendredi 8 juin, dîner avec Hugo Desnoyer, à la maison, à Paris. » Ceux qui me connaissent savent que je ne peux résister à aucune tentation, et celle-ci était irrésistible. Mon voyage pour aller voir Doxpi attendrait.

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