Jean-Pierre Rives

Le Roi Lion

« Qu’est-ce que le rugby ? De l’amour plein le cœur et un coup de tête. Il y a différente façon de diriger les hommes — tu peux être avec eux, les aimer, et ils suivront. Ou tu peux être autoritaire. Nous, les Français, nous avons besoin d’amour. Nous devons nous aimer les uns et les autres pour accepter de prendre des coups et protéger tes coéquipiers. Nous sommes tendres et tactiles parce que nous sommes Latins et sensibles et nous avons besoin de ces émotions pour aller à la guerre. Nous fermons les yeux, nous pensons à la France, nous pouvons voir ça comme une guerre. C’est la différence. Ça a toujours marché comme ça et ça ne saurait pas marcher autrement. »

J’étais en train de prendre mon petit-déjeuner chez moi à Winchester le mardi 17 octobre 2017 quand mon portable a sonné affichant un numéro français. J’ai répondu en français :

— Allô ?
— David, bonjour, c’est Jean-Pierre*.

À son nom et à sa voix j’ai eu une poussée d’adrénaline et mon cœur s’est emballé. Le grand Jean-Pierre Rives m’appelait, moi. Je lui avais envoyé un mail détaillé à propos du livre le lundi soir pour lui demander d’en être et il avait répondu immédiatement, de la façon la plus agréable qui soit.

Il s’exprimait dans un « franglais », son intonation américaine s’enroulant dans les mots anglais : « Yeah, hey, David, yeah, tu peux compter sur moi, nous sommes des frères, ne sommes-nous pas ? ». Ce dernier point n’étant qu’une question de rhétorique.

En dépit de sa réponse rapide, j’ai dû le rappeler plusieurs fois avant de pouvoir fixer un moment pour se voir.

« David, je suis à Biarritz, rappelle-moi plus tard dans la semaine. »
« David, je ne peux pas du mercredi au vendredi parce que je suis en déplacement. »
« David, je peux mercredi ou vendredi. »
« David, j’ai une si mauvaise mémoire que je ne me souviens même pas en avoir jamais eu. »

Au moment même où je le rencontrais, sa réponse immédiate me parut être la principale caractéristique de l’homme, un être humain fabuleux, un homme du peuple comme on dit, dont la chaleur, la modestie et l’ironie, le style familier démentait sa détermination de fer et sa rage de vaincre sur un terrain. Sans cela, il n’aurait pas été le joueur qu’il fut et, d’expérience, je sais qu’un homme ne perd jamais son instinct, quel que soit son âge. J’ai passé une formidable journée avec lui et sa famille à rire et à discuter d’art, de rugby d’amitiés et de la vie.

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